Comment Apple a-t-elle échappé aux droits de douane de 100 % que Washington menaçait d’imposer sur les semi-conducteurs ? Selon une enquête du Wall Street Journal relayée cette semaine, la réponse tiendrait en un nom : Intel. La firme de Cupertino aurait accepté de confier une partie de ses puces au fondeur américain à l’issue de tractations menées directement à la Maison-Blanche à l’été 2025.
- ▸Le WSJ affirme qu’Apple aurait lié son exemption de droits de douane à un accord d’approvisionnement chez Intel.
- ▸Tim Cook aurait été poussé, lors de réunions à la Maison-Blanche à l’été 2025, à faire fabriquer des puces dans les usines d’Intel.
- ▸Apple prévoirait de confier à Intel des composants pour Mac et iPhone, sans que la nature exacte des puces soit précisée.
- ▸Rien n’est confirmé officiellement : l’ensemble repose sur des sources anonymes et reste au conditionnel.
Une exemption arrachée en coulisses #
À l’été 2025, Tim Cook était à Washington pour convaincre l’administration Trump de renoncer à un projet de tarif de 100 % sur les semi-conducteurs importés — une mesure qui aurait frappé de plein fouet la chaîne d’approvisionnement d’Apple.
D’après le Wall Street Journal, c’est au cours de ces échanges que le président Donald Trump et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick auraient pressé le patron d’Apple d’utiliser les usines de fabrication d’Intel pour produire une partie de ses puces.
Apple aurait finalement obtenu son exemption après avoir promis d’investir des centaines de milliards de dollars aux États-Unis — des engagements dont une bonne part était toutefois déjà planifiée.
« L’accord entre Apple et Intel aurait été noué au moment même où Cupertino négociait son exemption de droits de douane. »— D’après le Wall Street Journal
Quelles puces pour Intel ? Le flou demeure #
Selon une personne proche des négociations citée par le WSJ, Apple prévoirait de faire fabriquer par Intel des puces destinées à la fois aux Mac portables et aux iPhone.
Le rapport ne précise pas de quelles puces il s’agit exactement. Les analystes sont partagés : certains imaginent Intel produire de futurs processeurs de Mac, d’autres estiment qu’il s’agirait plutôt de composants annexes, et non des processeurs principaux maison d’Apple.
Le lien entre les discussions douanières et l’accord Apple-Intel n’avait, lui, jamais été rapporté avant cette enquête publiée en juillet 2026.
Un signal politique autant qu’industriel #
Au-delà de la technique, l’affaire illustre la manière dont la politique commerciale américaine s’invite désormais dans les choix industriels des géants de la tech.
Pour Intel, en difficulté sur le marché de la fonderie, décrocher un client du calibre d’Apple représenterait une bouffée d’oxygène — et une validation de sa stratégie de fabrication sur le sol américain.
À ce stade, ni Apple ni Intel n’ont commenté publiquement ces informations, qui restent à prendre avec prudence.
